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La politique de la peur

Article paru dans Le Mouton noir de mai-juin 2016 H uman Rights Watch, une organisation internationale de défense des droits humains, a produit en 2016 un rapport au titre explicite : Comment la politique de la peur et la répression contre la société civile compromettent les droits humains. La peur est le grand vecteur des évolutions récentes en matière de politique, mais c’est depuis toujours que les gouvernants exercent la politique de la peur. D’hier à aujourd’hui Une politique est un plan d’action qui vise à mettre de l’ordre dans un secteur de la société et à régler des problèmes sectoriels, par exemple en matière de santé ou d’éducation. Les politiques proposent des orientations assorties d’actions ciblées. Ces orientations sont généralement vertueuses, mais sous cette vertu se dissimulent parfois des intentions moins nobles. Le terme agenda caché , calque de l’anglais hidden agenda , désigne un programme d’action qui doit rester secret, ou à tout le ...

Les grands pis les petits

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On se souviendra lors de la campagne électorale fédérale de 2015 le soutien apporté par Wayne Gretzky au premier ministre conservateur sortant Stephen Harper. L'année précédente, il l'avait d'ailleurs qualifié de "one of the greatest prime ministers ever". "Is The Great One crazy?" s'était alors étonné un chroniqueur . Gretzky est sans doute un des plus grands joueurs de hockey canadien. En ce qui a trait à ses choix politiques et à sa conscience sociale, on repassera. Plus près de nous, un joueur de hockey certes moins talentueux (quoique exceptionnel à sa manière), Joé Juneau, continue de s'engager en servant le bien commun. D'abord le type a investi son fric de joueur de hockey dans des entreprises et des initiatives de sa région, Portneuf. Ensuite, il a initié et mis en oeuvre lui-même un programme de sport-études dans le Nunavik pendant de nombreuses années. Sa jeune famille l'accompagnait et vivait au rythme du peuple inuit. ...

Ce cher Darren

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Dans mon billet précédent, j'indiquais que Darren Butler, responsable des communications pour Victor Dodig ( source de la photo ), qui lui est chef de la direction de la Banque CIBC, acceptait de me parler au sujet de mon "commentaire associé à l'allocution devant le Cercle canadien d'Ottawa". Rappelons en substance que Victor Dodig affirmait que les Canadiens étaient généralement suréduqués, mais sous-qualifiés pour les emplois dont l'économie a besoin. Cette affirmation, aussi explicite, se retrouve dans les articles d'Andy Blatchford de la presse canadienne, en français et en anglais . J'ai eu une conversation téléphonique d'une vingtaine de minutes avec Darren Butler. D'emblée, le type m'informe que notre conversation est enregistrée. Je n'ai donc pas à avoir quelque gêne à en rendre compte publiquement. Il s'exprime dans un français laborieux, mais néanmoins acceptable pour une personne qui travaille à Toronto. Une recher...

Depuis l'insignifiant Victor jusqu'au signifiant Carol

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La chronique de Jean-François Nadeau parue dans Le Devoir du 30 novembre m'a plu énormément, par son ton et par son propos. Il revient sur la déclation de Victor Dodig ( source de la photo ) , chef de la direction de la Banque CIBC, qui révélait aux dirigeants d'entreprises réunis au Cercle canadien d'Ottawa le 24 novembre que les Canadiens étaient trop instruits et pas assez qualifiés: "Nous ne produisons pas le genre de compétences dont les industries ont besoin. (...) Les programmes offerts aux étudiants devraient être davantage en phase avec les besoins spécifiques de l'industrie". Je n'ai jamais rencontré de gens trop instruits. Des personnes insignifiantes, imbues d'elles-mêmes et de leur pouvoir, j'en croise à l'occasion et ça me fait généralement plaisir. Cela confirme qu'elles existent "pour de vrai" et qu'il n'est pas vain de dénoncer leurs actions, surtout lorsque ce sont des personnes influentes comme c...

L'idée de souveraineté du Québec depuis 1995

Article paru dans Le Mouton noir de septembre-octobre 2015 L e 30 octobre 1995, 50,6% des Québécois refusent la souveraineté du Québec. Depuis 20 ans, l’adhésion au projet a connu des cycles. Selon un récent sondage, 40% des gens cocheraient «Oui» à la question . L’arrivée de Pierre-Karl Péladeau marque-t-elle le début d’un nouveau cycle? Certains péquistes le croient, mais cette volonté de constituer le Québec n’est pas l’affaire d’une personne ou d’un parti, c’est celle de tout un peuple. Les mots pour le dire Parmi les concepts qui définissent le phénomène, celui de «souveraineté» a la cote. Le terme «indépendance» est surtout associé au mouvement de décolonisation et le mot «séparatisme» ne caractérise qu’une modalité du projet: l’acte ponctuel de sécession. En 1980, les citoyens ont écarté à 59,6% la proposition de négocier la souveraineté-association. Cette proposition semblait timide, d’autant que le gouvernement fédéral excluait d’emblée toute négociat...

Penser global

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Je suis un fan d' Edgar Morin . C'est toujours un grand plaisir pour moi de mettre la main sur un de ses nouveaux écrits. Le type est vieux. J'imagine que ce plaisir ne durera plus longtemps, bien qu'il répète à profusion qu'il n'a pas 94 ans, mais plutôt tous les âges de la vie. Penser global. L'humain et son univers présente dans un style alerte et un vocabulaire simple l'essentiel de sa pensée sur la trinité bio-socio-anthropologique qu'il a développée au fil de ses publications: la nécessité de penser l'Humain à la fois comme individu, société et espèce. Un principe somme toute assez simple, qui guide cependant mon action et ma réflexion. Il s'agit d'une version écrite des conférences qu'il a livrées au Collège d'études mondiales. C'est son ouvrage le plus accessible. D'ailleurs, le philosophe et sociologue, au fil des ans, est de plus en plus accessible, sans doute une manière pour lui d'immortaliser son oeuv...

La passion d'Augustine

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J'ai vu le plus récent film de Léa Pool, La passion d'Augustine . C'est l'histoire de Mère Augustine qui dirige un petit couvent de jeunes filles, sur les bords du Richelieu au début des années '60.  La laïcisation de l'éducation remet en question l'éducation religieuse et, ce faisant, la survie de ce couvent spécialisé dans l'éducation musicale. Les religieuses lutteront pour préserver ce joyau. Le plus grand intérêt du film, de mon point de vue, réside dans ce drôle de paradoxe: un établissement religieux et privé oeuvrant pour le bien commun (les plus riches financent les études des plus pauvres de ce couvent) est confronté à une logique bureaucratique pourtant motivée par le bien commun.

Serge Bouchard, passages et âges

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J'ai assisté vendredi, en compagnie de ma douce, à une conférence de l'anthropologue Serge Bouchard ( source de la photo ) au Musée de la civilisation de Québec, dédiée à son complice disparu, "passé", Bernard Arcand . Le vecteur de sa communication: passages et âges. Le mammouth laineux est diminué physiquement (il peine à marcher), mais sa voix chaude est toujours aussi envoutante. On ne fait que passer sur cette terre croit-il, insignifiants que nous sommes à l'échelle de l'univers. L'âge nous rattrape et consacre notre état "passé". Il faut l'assumer à défaut de l'accepter. L'anecdote de son périple à New York en chaise roulante, poussée par sa jeune fille, est d'une belle symbolique. Il a aussi sur sa terre des Laurentides qu'il a labourée et entretenue une relève, celle de son fils, solide gaillard dans la trentaine, parce que lui est déjà "passé" à autre chose à cause de son âge, 67 ans maintenant.

Le cimetière des humanités

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Je n'aurais pas lu Le cimetière des humanités de Pierre-Luc Brisson si Normand Baillargeon n'avait inscrit ce livre à la liste de ceux qu'il faut lire lorsqu'on s'intéresse à l'éducation. J'avais apprécié Après le printemps de ce jeune auteur, une analyse sociocritique du Printemps érable . Son plus récent essai se présente comme "un plaidoyer en faveur de l'importance de revenir aux racines de notre civilisation et de continuer à les arroser afin qu'elles nourrissent notre vie en société" (p. 19) (Brisson est diplômé en histoire et en études classiques). Notre système d'éducation, assujetti aux impératifs économiques, "a petit à petit mené l'école, jadis lieu d'élévation de l'esprit des futurs citoyens, à se transformer en centre de formation professionnelle de main-d'oeuvre qualifiée"(p. 18). "L'école ne devrait pas être un gigantesque centre technique d'acquisition d'outils, mais bien ...

L'individualisme méthodologique et le Conseil du patronat

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J'ai vérifié pour le cas de quelques concepts avec lesquels je suis familier, et les définitions proposées par Wikipédia sont généralement explicites et de bonne qualité. C'est le cas avec le concept d' individualisme méthodologique , un paradigme de sciences sociales, selon lequel les phénomènes collectifs peuvent (et doivent) être décrits et expliqués à partir des propriétés et des actions des individus et de leurs interactions mutuelles (approche ascendante). Cette approche s'oppose au holisme, selon lequel les propriétés des individus ne se comprennent pas sans faire appel aux propriétés de l'ensemble auquel ils appartiennent (approche descendante). L'article précise que l'individualisme méthodologique se comprend par trois propositions: (1) seuls les individus ont des buts et des intérêts; (2)le système social résulte de l'action de ces individus; (3) les phénomènes ne sont explicables que grâce à des théories qui se réfèrent aux individus. ...

Conférence sur l'engagement enseignant

C'est avec joie que j'ai accepté l'invitation des étudiantes et étudiants du baccalauréat en enseignement secondaire de l'UQAR de présenter, le 28 février, une conférence sur l'engagement enseignant dans le contexte du 20e colloque annuel en enseignant secondaire, réunissant des étudiantes et étudiants des universités francophones offrant le programme. Cet événement scientifico-festif est toujours très couru. Malgré le hangover de certains, ils étaient une soixantaine à participer à l'atelier, dont voici le résumé. L’engagement professionnel enseignant est un empressement à déployer des efforts considérables pour le compte de la profession ou de l’organisation scolaire et (...) l’expression du désir d’y maintenir son appartenance. Il s’actualise également par l’attachement de la personne à sa profession de même que par la poursuite d’une ligne d’activités constante à l’intérieur de situations variées, persistant dans le temps (Duchesne, Savoie-Zajc et...

Pauline Marois fait l'autopsie du dérapage de la réforme scolaire

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Michèle Ouimet signe dans Le Soleil de ce matin le compte rendu d'une excellente entrevue avec Pauline Marois ( source de la photo ), ex première ministre du Québec et ministre de l'Éducation lors du début de la réforme scolaire en 1997. L'article n'est pas en ligne à la façon habituelle, mais on peut le retrouver ici . Il serait utile que les enregistrements de telles entrevues soient rendus disponibles aux chercheurs, car il est difficile d'avoir accès à ce type d'information. L'analyste des politiques que je suis s'intéresse à la réalisation (ou à la non-réalisation) de cette réforme d'un point de vue politique, en isolant ses grandes étapes selon la typologie de Jones (1970): émergence, élaboration, adoption, mise en oeuvre et évaluation. Cette approche séquentielle est questionnée, mais il est possible de la raffiner, comme je l'ai fait dans quelques-uns de mes travaux. La théorie des référentiels associée à l' approche cognitive ...

Un peu vexant quand même...

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Je lis Le Soleil depuis 1978, c’est mon quotidien et je l’apprécie. Étant un brin critique de nos travers collectifs, j’observe cependant que ce journal est toujours dithyrambique à l’endroit d’Yvon Charest, président et chef de la direction de l’Industrielle Alliance. Il est vrai que le monsieur semble sympathique et qu'il est un philanthrope. Le Soleil parle souvent de lui, toujours en bien. De façon périodique aussi, on dresse de lui un long portrait, toujours très élogieux. C’est le cas ce matin, sous la plume de Normand Provencher . Le papier est tellement complaisant que cela en est rigolo. C’était le cas aussi l’an dernier, en avril. J’avais alors utilisé l’interface électronique du journal pour adresser une remarque toute simple: Vos articles concernant Yvon Charest, patron de l'Industrielle Alliance, sont non seulement nombreux, mais aussi toujours très élogieux à son endroit, contribuant à une forme de culte de la personnalité (servant sa propre stratégie d...

Après avoir irrité les jeunes, Poëti choisit d'irriter les femmes

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On apprend ce matin, de la plume de Gilles Gagné , excellent journaliste en région qui a heureusement retrouvé son job au Soleil, que le ministre des Transports du Québec a irrité des femmes d'affaires gaspésiennes avec une mauvaise blague de son cru sur le magasinage, cela lors d'une allocution devant les membres de la Chambre de commerce de la Baie-des-Chaleurs. "Il n'y a pas un enfant qui va mourir de ça", comme dirait l' Autre . Certes, mais ça reflète certains préjugés du ministre. Ce que disent les ministres libéraux traduit généralement ce qu'ils pensent vraiment. Par la suite ils nuancent, lorsque leurs propos sont rendus publics dans les médias. Ils doivent parfois s'excuser. Mais généralement, ça traduit très exactement leur pensée. Ce qu'ils pensent des régions, ce qu'ils pensent des femmes, ce q u'ils pensent de la lecture, ce qu'ils pensent des pauvres... J'ai souvenir de Robert Poëti, analyste du réseau TVA lo...

Un peuple à genoux

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Un collectif d'auteurs de gauche propose en fin d'année un almanach revu et corrigé: "Là où jadis L'Almanach du peuple nous permettait de revisiter nonchalamment l'année écoulée pendant les vacances de Noël, le Peuple à genoux estime nécessaire de garder vif le souvenir d'une année de corruption" (p. 10). Les contributions ne sont pas d'égale qualité, mais le livre se lit d'un trait. Personnellement, je n'apprécie pas que l'on compare des personnes, fussent-elles politiciennes, à des animaux ("les cochons ne lancent pas de boue, ils s'y vautrent", p. 104), à moins que l'animal ne soit un paon. Aussi, les auteurs critiquent la "complaisance grasse des médias" (p. 10), mais ce sont des articles de presse qui constituent l'essentiel de leur bibliographie. Cela dit, il y a de bonnes chances que je me tape chaque année, entre Noël et le Jour de l'an, le Peuple à genoux de l'année en cours. Dans l...

Si j'étais le ministre de l'Éducation...

J'ai discuté une bonne vingtaine de minutes hier avec la journaliste Isabelle Maher du Journal de Montréal , mais elle m'a prévenu que le compte rendu de notre discussion serait bref. Qu'est ce que je ferais, en priorité, si j'étais ministre de l'Éducation? «Si j’étais ministre de l’Éducation, je défendrais mes politiques, mes projets, mon budget. Dans le gouvernement actuel, on me montrerait la porte après deux jours», lance à la blague Jean Bernatchez. Selon le spécialiste de l’administration des structures scolaires, il faut une étude approfondie des commissions scolaires avant de tout bouleverser. Il faut changer la culture et non la structure des commissions scolaires. Donner plus d’autonomie aux écoles et aux enseignants. Au lieu de les obliger à fusionner, partager certains services. Bien connaître leurs besoins avant d’agir», plaide-t-il. J'ai ajouté aussi que je mettrais en place une vaste stratégie de valorisation du personnel enseignant qui ...

Abolition des directions régionales du MEQ et pensée magique du PLQ

Le Devoir et La Presse titraient hier que l'abolition des directions régionales du ministère de l'Éducation, effective depuis 2014, n'avait pas permis de réaliser les économies financières escomptées. "Les libéraux faisaient miroiter de grosses économies en promettant d'abolir les directions régionales (...), mais ils se sont trompés dans leurs calculs et ont raté la cible" précise Patrice Bergeron de la presse canadienne. Comble de l'ironie, le gouvernement promettait d'investir l'argent économisé dans les services aux élèves. Non seulement n'y-a-t-il pas eu injection de nouvel argent, mais plutôt des coupures qui affectent directement les services aux élèves. Le prévisionnistes du gouvernement se sont trompés ou ils ont menti. Je vous laisse tirer votre propre conclusion. J'ai été parmi les rares personnes à défendre le travail des directions régionales, comme ici dans Le Soleil du 5 mai 2014: «L'abolition éventuelle des direc...

Le mépris institutionnalisé

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Une fois de plus, un ministre libéral se distingue par ses propos et son mépris à l'endroit des régions et de la population en général. Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Exportation Jacques Daoust souhaite un État moins interventionniste qui laissera jouer les forces du marché. Au passage de cette leçon de Néolibéralisme 101, il s'en prend aux petits entrepreneurs des régions: "(une faillite), ça fait surtout mal à l'ego en région parce que quand vous êtes le roi du village et que vous devez faire faillite, c'est difficile". À sa biographie officielle, on peut lire que l'homme a fait carrière comme cadre supérieur à la Banque Laurentienne et à la Banque Nationale.Il n'a sans doute pas très bien compris ce qu'est "l'engagement communautaire" puisqu'à cette rubrique, il signale son rôle de professeur invité à HEC-Montréal et son membership  à l'Ordre des conseillers en ressources humaines. Un ho...

Casse-toi, pauvre Jävel !

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Une fois,comprends-tu, c'est un gars qui décide de traduire du suédois au français le nom d'un article de mobilier d'IKEA. Le meuble pour déposer une télévision est nommé Jävel, ce qui veut dire "Connard". Il fait l'exercice du suédois à l'anglais, et cette fois, ça donne le mot "Motherfucker". Le gars, comprends-tu, se demande si IKEA ne se paie pas la gueule de ses clients qui ne comprennent pas le suédois. Excusez-la.

N(ex)t !

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Marie Grégoire annonçait la semaine dernière qu'elle quitte en juin Le club des ex , cette émission de spin politique que RDI tente de faire passer pour une émission d'information publique. Celle qui a été pendant moins d'un an en 2002-2003 députée de la défunte ADQ sévit à cette émission depuis huit ans. Disons qu'elle a grandement rentabilisé son élection de 2002... Ce qu'il est utile de savoir en outre, c'est que madame Grégoire est aussi associée principale de Tact Intelligence-Conseil , une firme qui offre des services en affaires publiques et relations gouvernementales, accompagnement en vue d’audiences publiques et de commissions parlementaires, relations de presse. Il y a là, à tout le moins, apparence de conflit d'intérêt, ce que nient la principale concernée et Radio-Canada. La formule de l'émission est aussi très douteuse. Trois ex-députés défendent les options de leurs partis respectifs (PQ, PLQ et CAQ), cela sans nuance ni subtilité: ça...

Slow science

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Les années lumière , cette excellente émission radio de vulgarisation scientifique, proposait le 1er mars 2015 une chronique d ' Yves Gingras portant sur les "pervers de l'évaluation de la science". Il évoquait les stratégies de scientifiques qui trichent et évaluent eux-mêmes les articles qu'ils soumettent à l'évaluation par les pairs. Le "Publish or Perish" est en partie responsable de cela et Gingras propose comme solution le "ralentissement de la science", une volonté évoquée aussi dans le monde anglo-saxon par le phénomène de Slow science . Un article du journal suisse Le Temps (Pascaline Minet, 20 mai 2014) pose ainsi le problème: "Les partisans de la slow science remettent en cause la pratique actuelle de la recherche, qui consiste à publier rapidement le plus grand nombre d’études possible dans des revues scienti­fiques, et réclament davantage de temps pour mener à bien leurs travaux." Isabelle Stengers a aussi publ...

Qu'est-ce qui fait se lever chaque matin le ministre Bolduc ?

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Je suis de ceux et celles qui jugent sévèrement la performance et les réalisations d'Yves Bolduc depuis qu'il préside aux destinées du ministère de l'Éducation. En périphérie du politique, il ne brille guère plus: rappelons la saga des 1500 patients orphelins, ou encore celle du restaurant dont il est copropriétaire et qui a contrevenu à la Loi sur l'administration fiscale. Je trouve cependant que le traitement qui lui est réservé actuellement dans la presse traditionnelle et dans les médias sociaux frôle le harcèlement psychologique . Bien que ministre peu compétent dans ce domaine complexe qu'est l'éducation (il a sûrement plusieurs autres qualités), une personne ne mérite pas de tels assauts verbaux, au quotidien. D'autant qu'il ne semble pas non plus avoir de grands alliés parmi les siens, sûrement pas en tout cas du côté de son homologue de la Santé et des Services sociaux, aussi subtil dans ses propos qu'un lavabo bien récuré, qui l'a so...

L'esprit des lumières

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L'esprit des Lumières, la philosophie des Lumières, le siècle des Lumières, le XVIIIe siècle... Tzvetan Todorov propose une remarquable synthèse qui permet d'y voir plus clair. Trois idées caractérisent le projet: l'autonomie, la finalité humaine de nos actes et l'universalité. Les Lumières produisent un monde désenchanté, rejetant le surnaturel et favorisant l'épanouissement de la science. La pensée des Lumières est un humanisme. Les objectifs visés n'ont pas été atteints, mais l'idéal a été accepté. Ce n'est pas "une doctrine historiquement située, mais une attitude à l'égard du monde" (p. 141). Les détournements modernes des acquis des Lumières ont pour noms scientisme, individualisme, perte de sens et relativisme généralisé (p. 142). En complément, une exposition virtuelle de la Bibliothèque nationale de France.

Un manifeste pour changer l'éducation

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Edgar Morin est mon intellectuel préféré. Je me fais un devoir de lire tout ce qu'il publie. Enseigner à vivre est un petit opus publié en 2014 qui reprend plusieurs  thèmes qui lui sont chers, mais dans une forme accessible organisée comme un manifeste pour changer l'éducation. Une réforme, plus riche qu'une révolution, voire une métamorphose, est nécessaire pour bien vivre. Il faut apprendre à apprendre, connaître la connaissance dès les premières classes jusqu'à l'université. "Il faut apprendre à naviguer dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitude" (p. 37) souligne-t-il. En lien avec l'université, il critique la professionnalisation, la technicisation et la rentabilité économique: "La sur-adaptivité est un danger qu'avait bien vu Humboldt puisqu'il disait que l'université a pour mission de donner les bases de connaissances de la culture et que l'enseignement professionnel doit relever d'écoles...

Gros mots d’un chroniqueur politique

Il y a quelques mois, je publiais dans Argotica , la revue internationale d'études argotiques, dans son numéro thématique sur les gros mots de la politique, une analyse du discours du chroniqueur politique Richard Martineau durant le Printemps érable. Cet article, dont voici le résumé, est en libre accès (format PDF) . En 2011, le gouvernement du Québec impose une hausse de 75% des frais  de scolarité universitaire. Cela suscite un tollé et se traduit à compter de février 2012 par une grève générale illimitée des étudiants. L’effervescence favorise alors un élargissement de la crise et une remise en question du gouvernement et de ses politiques d’inspiration néolibérale, qui conduisent à une élection anticipée en septembre 2012 et au choix d’un nouveau gouvernement. Cette crise politique, le Printemps érable, provoque un clivage au sein de la société québécoise. Nous proposons les résultats d’une analyse du discours d’un chroniqueur politique influent, polémiste de droite et p...