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Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire

Asma Mhalla est une jeune politologue franco-tunisienne. J’ai lu son premier livre, «Technopolitique» (Seuil, 2024), il y a quelques jours. Son deuxième et plus récent ouvrage, «Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire» (Seuil, 2025) est beaucoup plus accessible et aussi intéressant que le premier. Sa thèse: «L’alliance entre une frange techno-réactionnaire et un milliardaire démagogue et autoritaire dessine l’ombre d’un (techno)fascisme possible au XXIe siècle» (p. 11). Le XXIe siècle ne marque pas le retour du fascisme historique, mais l’émergence d’un fascisme postmoderne, puis d’un fascisme hypermoderne. Le fascisme postmoderne mime les codes du fascisme historique, mais il n’a pas de métarécit contre lequel se dresser (communisme, socialisme…). Il fabrique plutôt des ennemis intérieurs, il se nourrit du chaos et de la perte des repères traditionnels. Le fascisme hypermoderne est la version dure du fascisme postmoderne: il s’appuie sur un pouvoir exécutif fort, sur la surveillance...

Pour un populisme de gauche

Chantal Mouffe (1943-) est une philosophe postmarxiste belge qui a longtemps travaillé avec son collègue et conjoint Ernesto Laclau (1935-2014), un politologue argentin. On leur doit notamment l’important ouvrage «Hégémonie et stratégie socialiste» (1985) qui propose une réinterprétation du socialisme avec l’intégration des nouvelles luttes sociales (féministes, antiracistes, écologistes…). «Pour un populisme de gauche» est un livre publié en 2018 et je l’ai lu cette semaine. Le temps présent est pour elle un «moment populiste» qui se traduit par la popularité et l’accès au pouvoir des partis populistes de droite dans les sociétés libérales occidentales. Le populisme n’est pas une idéologie et ne présente aucun contenu de programme particulier: c’est plutôt une façon de faire de la politique qui prend différentes formes idéologiques selon le moment et le lieu. Le néolibéralisme est le vecteur du populisme de droite et il est actuellement hégémonique. «Que certains se reconnaissent parf...

Une pension en Italie

Lu aujourd'hui, le nouveau Philippe Besson: un secret familial enfoui depuis 1964 concernant le grand-père de l'auteur et révélé à la suite d'une enquête de sa part 50 ans plus tard. Il suggère que c'est une histoire vraie. Captivant et bien écrit.

Films vus en janvier.

Films vus en janvier. Je les ai appréciés, pour la plupart. Mention spéciale au film "Nino" et à la performance exceptionnelle de Théodore Pellerin. Ils sont classées par ordre de préférence. 1. Nino (Cinéma Cartier) – France 2. La passion de Dodin Bouffant (TouTv) - France 3. La salle des profs (TouTv) – Allemagne 4. Rêves de train (Netflix) – États-Unis 5. La gauchère (Netflix) - Taïwan 6. L’étranger (Cinéma Le Clap) - France 7. Phénix (Crave) - Québec 8. Au fin fonds de la petite Sibérie (Netflix) - Finlande 9. Une situation explosive (Netflix) – États-Unis 10. Une vie honnête (Netflix) - Suède 11. Jay Kelly (Netflix) – États-Unis 12. L’art du faux (Netflix) - Italie 13. Les hasards du cœur (Netflix) – États-Unis 14. Anna Kiri – Québec (Crave)

Comment naît le fascisme

Ce n'est pas un hasard s'il y a profusion d'ouvrages sur le fascisme parmi les nouveautés dans les librairies. "Comment naît le fascisme" (Grasset, 2025) est un recueil de dix textes du théoricien et militant communiste italien Antonio Gramsci (1891-1937). Surtout connu pour ses "Cahiers de prison" et son concept d'hégémonie culturelle, Gramsci a cotoyé Mussolini alors qu'ils étaient tous deux au Parti socialiste italien. Gramsci devient ensuite membre fondateur du Parti communiste alors de Mussolini fonde de son côté le Parti fasciste. Les dix textes réunis par Grasset en 2025 ont été écrits entre 1920 et 1924, à chaud lors de la naissance du fascisme italien et sans le recul nécessaire à une analyse contemporaine du phénomène. On y apprend néanmoins des choses intérerssantes, notamment que les grands propriétaires terriens faisaient porter une muselière aux vendangeurs afin qu'ils ne mangent pas le raisin récolté. Pour comprendre le fascism...

Gilles Archambault

De manière systématique, je lis tous les livres de Gilles Archambault; comme je suis abonné à plusieurs bibliothèques, il m’est possible de les emprunter en version électronique dès leur parution. J’ai beaucoup aimé son plus récent ouvrage intitulé «Puis je serai seul», comme j’ai aimé les précédents. C’est un recueil de courts récits et nouvelles. J’ai une préférence pour les récits, mais les nouvelles traitent des mêmes thèmes en prêtant vie cette fois à des personnages. Grands vecteurs de son œuvre récente: la vieillesse vue comme une fatalité (il a 93 ans), la solitude (il sort peu et reçoit peu de visite), la mort toute proche, l’écriture et la lecture. Ce n’est pas jojo, parfois redondant, mais néanmoins intéressant et prétexte à la réflexion sur le sens de la vie. Il ne croit pas à la portée de son œuvre: est-il sincère ou faussement modeste? Je le crois néanmoins sincère sur ce point. Comme lui je suis un amoureux du quartier Montparnasse de Paris et de son cimetière, et comme ...

Le printemps en novembre

Après la lecture de ce livre, j’en ai lu la critique d’un lecteur qui m’aurait découragé d’en entreprendre la lecture: cet ouvrage propose un «wet dream péquiste». Ce n’est pas faux, mais le livre possède néanmoins certaines qualités et il m’a plu. Carl Leblanc a écrit plusieurs autres livres et il sait comment déployer une histoire. Le personnage principal est un politologue professeur d’université, un transclasse issu de région, et il enseigne notamment l’utopie politique (tout comme moi). Il a vécu un intense moment d’émotion lors de l’élection du premier gouvernement péquiste en 1976 (comme moi), pour plus tard déchanter sur la possibilité objective de faire du Québec un pays. Comme moi, il est ému à l’écoute de Spiegel im Spiegel (Miroir dans le miroir) d’Arvo Pärt (voir le lien dans les commentaires). Les chapitres du livre alternent entre la soirée du 15 novembre 1976 et une soirée de novembre 2006 où il assiste à la première d’un film documentaire marquant le 30e anniversaire d...

Christian Bobin

L'auteur Yvon Rivard et l'autrice Dominique Fortier, entendus à l'émission de radio "Il restera toujours la culture" du 13 janvier, m'ont convaincu de m'attaquer à l'oeuvre de Christian Bobin. J'ai lu quelques-uns de ses livres il y a très longtemps et j'en ai gardé un bon souvenir. J'avais aussi rencontré dans un colloque à Clermont-Ferrand une spécialiste de son oeuvre qui en faisait l'éloge. J'ai lu la semaine dernière "Le Très-Bas" (sur François d'Assise), le journal intime "Autoportrait au radiateur" et "La Dame blanche" (sur Émily Dickenson). C'est littéralement de la poésie en prose qui séduit et qui captive. C'est une lecture qui fait grandir. Plusieurs autres de ses livres sont à mon programme de lecture de l'année.

Chef de la CAQ

Je crois que les personnes aspirant à la chefferie de la CAQ ne se font pas d'illusion quant à la possibilité objective de gagner leurs élections le 5 octobre 2026 (même dans leur circonscription). Elles aspirent plutôt à devenir premier ministre, même pour un court laps de temps, ce qui augmente de manière importante leur "valeur" sur le marché des consultants. J'espère que les journalistes feront le travail en avril 2027 de vérifier pour qui travaillent désormais toutes ces personnes: cela expliquera en bonne partie les choix qu'elles font maintenant, au nom du "bien commun" (sic). Déja, Jean-François Nadeau dans Le Devoir nous apprenait que "Florence Plourde, conseillère aux communications du premier ministre, vient d’être engagée par l’Institut économique de Montréal, le porte-voix québécois des ayatollahs du marché."

Pour faire court

Lus la semaine dernière. Entre la lecture d'un livre savant et celle d'un gros roman, j'aime les courts livres et essais. Philippe Delerm est un incourtournable: des recueils de courts textes comme des exercices de style autour d'une thématique souvent banale, mais qui prend du relief grâce à la qualité de l'écriture. Sylvia Plath (1932-1963) est une des autrices préférées de ma cadette. "Mary Ventura et le neuvième royaume" donne le ton de son oeuvre. "En particulier quand nous sommes plusieurs" de la Québécoise Maggie Blot explore l'amitié et les relations humaines avec le portrait de quatorze de ses amitiés. "Les inconvénients du progrès" logait dans ma bibliothèque depuis trop longtemps. Il s'agit d'un recueil de courts billets satiriques parus dans la revue québécoise "L'Inconvénient". L'ouvrage a un peu vieilli (2012), mais dans l'ensemble, il demeure intéressant. "Le magasin des suicides...

Hubert Reeves

Lu cette semaine "Hubert Reeves. Tout n'est pas foutu", un livre hommage. J'avais lu en septembre dernier ses méditations cosmiques qui m'avaient beaucoup plues. L'ouvrage de Laurence Honnorat n'est pas en soi une biographie, c'est plutôt une mise en contexte de son oeuvre scientifique, philosophique, humaniste et militante, ponctuée de commentaires de personnes qui l'ont connu, de poèmes, de citations. Reeves était une personne hautement consensuelle qui évitait le débat, aussi il n'est pas surprenant qu'il soit si unanimement apprécié malgré ses positions radicales sur l'écologie et sur le "putain de facteur humain". Cet ouvrage est la porte d'entrée idéale pour s'initier à l'oeuvre d'Hubert Reeves.

Sociobiographie

Lu "Sociobiographie", une série d'entretiens avec Didier Eribon. J'avais lu de lui, entre autres, "Retour à Reims" et l'excellent "Vie, vieillesse et mort d'une femme du peuple". La sociobiographie est l'écriture de soi, non pas de manière essentiellement autobiographique, mais comme réflexion conceptuelle et théorique sur les cadres sociaux qui constituent le "je". Je croyais qu'il s'agissait d'un livre de méthodologie, mais c'est plutôt un ouvrage qui contextualise le travail d'Eribon autour des études gaies et des études sur les transfuges de classes. Le type a bien connu Foucault et Bourdieu. Eribon manque de modestie et il se montre intransigeant, même avec ses collègues des journaux Libération, Le Nouvel Observateur et Le Monde avec qui il a eu ses premières expériences d'écriture comme critique littéraire, malgré le fait qu'il n'était pas vraiment qualifié. "Je vivais avec un sentime...

Technofascisme et Orwell

Lus la semaine dernière ces deux excellents livres politiques. Asma Mhalla est une jeune politologue brillante, spécialiste en géopolitique de la technologie et de l'intelligenmce artificielle. Sa thèse dans cet ouvrage: les technologies de l'hypervitesse, civiles et militaires, font de nous des soldats. Les géants de la Big Tech redéfinissent les jeux de pouvoir entre les nations et tracent les nouvelles frontières de la souveraineté. Ils sont l'avant-garde de la nouvelle Internationale réactionnaire. J'ai découvert cette chercheure lors du colloque de Pau sur le technofascisme. Prochaine lecture: son ouvrage "Cyberpunk: le nouveau système totalitaire" paru il y a quelques semaines. Aussi, la réédition en 2025 d'un ouvrage de 1984 de l'essayiste et romancier Simon Leys sur la pensée politique de George Orwell, l'auteur notamment de 1984. Orwell était socialiste, mais il a vertement critiqué le socialisme institutionnalisé. Jean-Claude Michéa le dé...

La bonne pauvre

Lu aujourd'hui. Je m'intéresse à la sociobiographie (genre littéraire décrivant la société à travers l'histoire d'une famille) et le premier ouvrage de la comédienne Annie Darisse-Desbiens en est un bel exemple. C'est aussi un livre sur les transclasses (personnes qui changent de classe sociale, passant d'un milieu socio-économique à un autre). C'est un livre très intéressant. Voici comment l'éditeur le présente: "Le 16 mars 2014, un accident survient au Bic, sur la route 132, près de Rimouski. Un camion semi-remorque entre en collision avec un véhicule dans lequel une mère et sa fille, respectivement âgées de 38 et 18 ans, perdent la vie. Les deux femmes se nommaient Corinne et Caroline. Elles étaient la sœur et la nièce d’Annie Darisse-Desbiens. Secouée par le drame et par ses résonances sociales, l’autrice entreprend de sonder quatre générations de femmes dont les vies, brisées, ont été marquées par l’infortune, les secrets et la honte. La bonne ...

Anne-Renée Caillée et Carole Laure: récits de vie

Trois livres lus en ce début d'année, trois livres d'autrices québécoises orientés vers les récits de vie. " L'Embaumeur " raconte dans un style vif et alerte le travail d'embaumeur du père de l'autrice, Anne-Renée Caillé. " Voyances" expose ses expériences avec divers médiums et voyants, entre scepticisme et adhésion à ces récits. Dans son premier ouvrage, " Je ne m'éloigne jamais trop de la maison ", l'actrice Carole Laure présente dans une langue poétique ses années d'enfance à Shawinigan, bel hommage à ses parents et à sa famille adoptifs qui l'ont beaucoup aimée.

Les têtes brûlées

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Au moment où de nombreuses personnes commentent négativement le livre de Catherine Dorion, le plus souvent sans l'avoir lu, je me permets cette première critique (positive) de ma part, que j'argumenterai lorsque j'aurai un moment. J'en suis à la page 218 (j'ai acheté le livre hier), et c'est sans doute jusqu'ici le récit politique le plus intéressant, le plus songé, le plus sensible et le plus pertinent que j'ai lu. Comme politologue patenté, j'ai lu plus d'une centaine d'ouvrages de la sorte, le plus souvent des comptes rendus complaisants d'autopromotion et de bons sentiments, même de la part de crosseurs en série notables. Style: "je me dévoue pour la chose publique, ce sont des citoyens qui m'ont invité à m'investir en politique alors que je ne le souhaitais pas, merci à ma famille d'avoir fait des sacrifices pour me permettre de servir le bien commun". Bref, la bullshit habituelle. Certes, Catherine Dorion aime ...

Science et excellence sous le prisme réducteur d’un Institut national d’excellence en éducation

Le projet de loi 23 attribue au ministre de l’Éducation des pouvoirs démesurés et confie à un Institut national d’excellence en éducation (INEÉ), promoteur d’une vision réductrice de la science et de l’excellence, des rôles dévolus à deux instances démocratiques et efficaces: le Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) et le Comité d’agrément des programmes de formation à l’enseignement (CAPFE). L’INEÉ aurait pour fonction de conseiller le ministre sur toute question relative à l’éducation; de proposer des méthodes afin de dresser une synthèse des connaissances scientifiques; d’identifier les meilleures pratiques et d’élaborer des recommandations; de formuler un avis sur la définition des compétences attendues des enseignants et enseignantes; de formuler un avis sur les programmes de formation à l’enseignement. Le CSÉ, démantelé dans cette opération, est une véritable institution créée au même moment que le ministère de l’Éducation en 1964. Il est considéré comme la conscience de l’é...

La Quête

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  Le principal vecteur de mes rêves nocturnes est celui de la quête. Je recherche une personne que je dois rencontrer; un endroit que je dois trouver; une salle de classe où je dois enseigner; une douche ou une toilette. Cette quête est difficile puisque les objets ou les lieux de mes recherches sont inaccessibles. Il semble que rêver de quête soit le symbole de notre chemin de vie et du sens de celle-ci. Je chercherais mon moi mais en mieux. Au réveil, certains objets de ces quêtes (toilette, douche) sont plus faciles à trouver que d'autres. Est-ce que mon moi de ce matin est mieux que celui d'hier? Ce dont je suis convaincu par ailleurs, c'est qu'en vieillissant (63 bâtons maintenant), je suis de plus en plus ferme sur le plan de mes valeurs (essentiellement les mêmes depuis l'âge adulte), mais souple sur le plan des modalités pour les exprimer et pour les vivre. C'est un peu paradoxal que l'urgence de vivre se vive en début de vie, alors que c'est sur...

Le développement en partenariat de programmes de formation transdisciplinaires: une option pour les universités francophones en milieu minoritaire au Canada

Communication au Webinaire de l'ACFAS (9 juin 2021) portant sur l’éducation postsecondaire en français en milieux minoritaires et éloignés au Canada : comment s’y attaquer Madame, monsieur, chers amis de la francophonie canadienne, Je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui. Je remercie les organisateurs d’avoir pensé à moi pour témoigner de l’expérience du réseau de l’Université du Québec sur le plan de l’accessibilité aux études universitaires et du développement des collectivités et des régions québécoises. Je le fais à titre de professeur spécialisé en analyse des politiques de l’enseignement supérieur, membre du  Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur l’enseignement supérieur.  Je le fais aussi comme membre du  Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l’Est du Québec , l’un des plus anciens regroupements institutionnels de recherche de l’Université du Québec, créé en 1974. Dans ce contexte, je m’intéresse aux ...

Florence Piron (1966-2021) : intellectuelle engagée et truchement

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Dans le cadre du Congrès de l’ACFAS 2021, le Bureau du Scientifique en chef du Québec organisait le 4 mai un colloque hors normes intitulé De l’autruche au truchement : la collaboration intersectorielle et ses arrimages . Cet atelier-laboratoire sous forme de jeu vidéo constituait une expérience audacieuse visant à transgresser les conventions qui balisent la communication scientifique. Le colloque mettait en lumière la figure symbolique du truchement de la Nouvelle-France, cet intermédiaire qui favorisait le dialogue entre les Européens et les peuples de l’Amérique. Le lendemain, le 5 mai, l’ Association Science et bien commun organisait lors de ce même Congrès une table ronde virtuelle sur l'héritage intellectuel de Florence Piron, anthropologue et éthicienne, professeure au Département de communication et d’information de l’Université Laval, décédée à 54 ans le 26 avril 2021. Intellectuelle engagée, militante de la science ouverte et de la justice cognitive, Florence Piron inca...

Les déclinaisons de la Nouvelle gestion publique (NGP) dans les universités québécoises

Une petite synthèse de ma communication du 6 mai 2021 au colloque " Regards multidisciplinaires sur le travail des professeures et professeurs d'université " dans le cadre du Congrès de l'ACFAS.  La Nouvelle gestion publique n’est pas une pratique de gestion prescrite explicitement dans les universités québécoises, mais son influence y est manifeste. Sa culture est omniprésente et elle conditionne la manière dont les universités sont maintenant gérées. Cependant, la Nouvelle gestion publique n’est pas adaptée à l’institution universitaire pensée comme une université de service public. C’est l’idée que je vais vous présenter en dix minutes, top chrono. L’université de service public est une conception qui inspire ce que doit être cette institution. Cette conception, et d’autres que celle-là, se traduisent dans les idées d’université , un terme utilisé pour regrouper autour d’un même espace de sens les principes (c’est-à-dire le pourquoi) et les modalités (soit le com...

Hommage posthume à Florence Piron - colloque Une autre science est possible - 5 mai 2021

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  Chers amis, C’est un privilège pour moi que de vous adresser ce matin ces quelques mots, inspirés par l’œuvre et par la personne de Florence. J’ai fait l’exercice de rechercher dans ma mémoire la première fois que j’ai rencontré Florence, mais je n’y suis pas parvenu. Ça fait une douzaine d’années de cela, mais j’ai l’impression de l’avoir toujours connue. J’étais déjà professeur à l’Université du Québec à Rimouski, donc c’est après 2007. J’étais à l’époque, et je le suis toujours, un militant du libre accès aux connaissances scientifiques. C’est sans doute dans ce contexte que nos chemins se sont croisés, probablement à l’Université Laval. La plus ancienne collaboration formalisée que j’ai retrouvée dans les archives de mes courriels est un projet de recherche de 2010 soutenu financièrement par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et réalisé en collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde. Il portait sur la création et la mise à l’épreuve d’un dispos...