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Des voix qui s'élèvent: télésérie espagnole

Netflix est certes une entreprise étatsunienne, mais elle permet l'accès à des productions de plusieurs pays qu'il est possible de visionner dans la langue de son choix. C'est intéressant de regarder ces productions dans la langue d'origine, avec sous-titres français. Cela nous permet notamment de découvrir des films et des séries asiatiques, d'Amérique latine et de pays européens. Nous avons bien aimé la série espagnole "Des voix qui s'élèvent" (8 X 1 heure), "Ni una más" qui veut dire "Pas une de plus". C'est une fiction qui porte sur la parole de jeunes filles de 17 ans en lien avec la violence sexiste et sexuelle. On y découvre deux jeunes actrices espagnoles de grand talent: Nicole Wallace et Clara Galle.

Les enfants de plomb: télésérie polonaise

Nous avons beaucoup aimé la série polonaise "Les enfants de plomb" diffusée sur Netflix (6 X 50 minutes). C'est l'histoire de Jolanta Wadowska-Król, une jeune médecin idéaliste qui découvre que les enfants vivant près d'une fonderie souffrent de saturnisme, une intoxication au plomb. Elle sacrifie sa vie et sa sécurité pour dénoncer cette crise sanitaire et politique et soigner ces enfants. Cette série reconstitue l'environnement ouvrier et politique de la Pologne communiste des années 1970. Elle me rappelle les deux excellents films d'Andrzej Wajda: "L'homme de marbre" (1977) et "L'homme de fer" (1981). J'avais vu ces film dès leur sortie au Cinéma Cartier de Québec grâce à mon abonnement "25 films pour 25$". Une même année, j'avais vu 100 films à ce cinéma! Il y avait une séance à 19h00 et une autre à 21h30. Il y avait des films de répertoire, mais aussi des films récents. Un de leurs films fétiches était ...

Films vus en février

Nous avons vu trois films seulement en février (par ordre de préférence). Faut dire que notre attention a surtout été mobilisée autour de la diffusion des jeux olympiques. - Petit ange doux (Sweet angel baby) (Canada, 2025) - Crave - Enough said (États-Unis, 2013) - Netflix - Les enfants vont bien (France, 2025) - Cinéma Le Clap Un peu déçus par le film fort populaire au cinéma actuellement (Les enfants vont bien), mais nous avons beaucoup aimé le film canadien Sweet angel baby: "Eliza est adorée par les habitants de sa petite ville de pêcheurs. Jusqu’à ce qu’ils découvrent son secret: elle est célèbre sur les réseaux sociaux pour avoir publié des autoportraits provocants."

Les sciences sous ma loupe (Yves Gingras)

La lecture de cet ouvrage en vaut la peine. L'historien et sociologue des sciences Yves Gingras réunit dans ce livre 70 chroniques publiées dans différentes revues, notamment dans "Pour la science", au cours des récentes années. L'ouvrage compte cinq parties: Sciences et méthodes; Sciences et société; Modes de production des savoirs; Rhétoriques de l'excellence; Sciences et culture. Son intention est de contribuer au développement d'une culture scientifique essentielle afin de porter un regard critique et avisé sur les choix politiques. J'ai apprécié particulièrement son point de vue nuancé sur l'autoplagiat. "Il s'agit de prendre conscience des transformations du système de recherche qui ont contribué à faire de l'autoplagiat une problème "éthique", alors que la republication d'articles visant des publics différents pour diffuser largement les connaissances est légitime dans de nombreux contextes." (p. 225) Aussi, j...

Série Coup de coeur

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Coup de coeur pour la série québécoise "L'oeil du cyclone". Les 12 épisodes de la saison 6 sont disponibles sur TouTV. Nous les avons visionnées en rafale, deux à la fois. C'est une série familiale bien écrite et bien jouée. C'est amusant, on ne se casse pas la tête pour comprendre, mais il y a plus de profondeur dans les textes qu'il n'y paraît. Christine Beaulieu est exceptionnelle et la série est écrite par un collectif de plusieurs autrices et auteurs. Voici, par ordre de préférence, les autres séries visionnées depuis le 1er janvier. Ayer's Clift - TouTv - Québec (7 X 15 minutes) Le président foudroyé - Netflix - États-Unis (4 X 60 minutes) Les sept cadrans - Netflix - Grande-Bretagne (3 X 50 minutes) 11h11 - TouTV - Québec (8 X 20 minutes)

Efficacité énergétique

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Sans effort, mais plutôt grâce à quelques réflexes et préférences, nous sommes, Judith et moi, des modèles d'efficacité énergétique! La figure fait référence à une période de facturation d'un an. Nous avons investi dans deux thermopompes, une pour chaque étage de la maison de campagne de St-Vallier. La chambre à coucher est maintenue à la température idéale, selon nous, pour dormir: 18 degrés. L'espace de vie est chauffé à 24 degrés. L'été, nous climatisons en permanence à 20 degrés grâce aux thermopompes (le coût de la climatisation est estimé à 25$ par an!). Parce que c'est reposant, la lumière le soir est toujours tamisée. Les lumières vives et crues m'irritent au plus haut point: je vis cela comme une agression. Nous cuisinons (lire ici: Judith cuisine...) principalement au Air Fryer, ce qui fait sans doute une petite différence sur le plan énergétique. La télé est toujours fermée, sauf lorsque nous l'écoutons vraiment. En permanence, la radio de France...

Marie-Victorin

La biographie du frère Marie-Victorin de Mathieu-Robert Sauvé est intéressante, mais elle aurait pu l'être bien davantage d'un point de vue sociobiographique. Elle est beaucoup orientée vers la botanique, avec de nombreuses occurences de noms de plantes en latin. Le biographe a surtout exploité les journaux de terrain et les récits de voyage du botaniste, ceci expliquant cela. J'aurais aimé mieux comprendre certains événements marquants de sa vie. Les Frères des écoles chrétiennes se consacrent à l'éducation des jeunes, particulièrement les pauvres, ce qui fait que son oeuvre en recherche et en enseignement supérieur n'a pas toujours été appréciée par les supérieurs et les membres de sa communauté, sans doute jaloux de sa notoriété. Pourtant boursier du gouvernement, sa communauté n'a pas accepté qu'il aille en Europe pour réaliser son doctorat. Son supérieur ne s'est même pas pointé aux funérailles de Marie-Victorin et ses propos tenus à son endroit son...

Essai choral sur le péril fasciste (Écosociété, 2026)

L’ouvrage prend la forme d’un essai choral sur le péril fasciste. Il ne s’agit pas d’une juxtaposition de points de vue, mais d’une somme bien intégrée autour de 13 thèmes. La parole est donnée à 18 intellectuels et militants québécois de gauche. Les entretiens ont été réalisés entre mai et août 2025 par Pierre Mouterde et David Murray. Dans le langage universitaire, nous dirions qu’il s’agit là du résultat d’une analyse thématique de contenu du verbatim des entrevues, mais dont les extraits ont été revus et enrichis par les auteurs et les autrices. Il est rare que cette forme soit privilégiée dans les essais politiques, mais cela est parfaitement réussi. On observe au Québec une montée du populisme identitaire et un renforcement de l’autoritarisme gouvernemental, inspirés par l’arrivée aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde, de mouvements et de gouvernements d’extrême droite fascisante symboliquement regroupés dans une Internationale réactionnaire (ou Internationale brune)....

L'homme qui lisait des livres

Un photographe de presse français arpente les rues de Gaza pour capter les images du moment. Il observe devant son commerce un homme qui lit. Avant de se laisser prendre en photo, ce lecteur, aussi libraire, invite le photographe à mieux le connaître. La trame du livre de Rachid Benzine est le récit de la vie de cet homme qui lisait, ponctuée par l’exode, la prison pour des motifs politiques, l’amour et le deuil de son épouse et de ses enfants, la désillusion suivie de sa plongée dans les livres, pour fuir mais aussi pour habiter pleinement sa vie. Il n’y a aucune rage dans ce récit (ce qui serait pourtant légitime), aussi cette posture rend le personnage central du livre plus énigmatique et attachant. Un roman à lire pour mieux comprendre le drame perpétuel vécu par le peuple palestinien. L’auteur souligne à la fin du livre que l’image du vieux libraire devant son commerce lui a été inspirée par la personne du libraire marocain Mohamed Aziz, «le libraire le plus photographié au monde»...

Vous parler de mon fils

Un père fait le récit du harcèlement dont a été victime son fils de 14 ans et qui l’a amené au suicide. Philippe Besson propose dans cet ouvrage un angle intéressant pour aborder le fléau du harcèlement en milieu scolaire: le récit d’un père taiseux qui se sent coupable du drame, bien que lui et son épouse se soient investis sans compter pour accompagner leur fils dans cette épreuve. C’est un livre en tout point remarquable. Il devrait être au programme de formation du personnel scolaire, particulièrement du personnel de direction dont j’ai accompagné la formation au cours des deux dernières décennies. Bien que la demande de formation fût orientée vers le savoir-faire managérial, je me suis toujours efforcé d’y insuffler une bonne dose de savoir-être. Le harcèlement en milieu scolaire se gère certes grâce à des protocoles, mais cela a comme effet pervers d’induire une déresponsabilisation de l’établissement. La direction ne fait qu’appliquer le protocole et se dégage ainsi de sa vraie ...

Les filles de Jeanne

Pour celles et ceux qui aiment l'histoire sociale québécoise, cet ouvrage est un incontournable. L'historienne Andrée Lévesque dresse le récit documenté de la descendance de Jeanne Perrin, arrivée de France en 1658 pour devenir domestique au Cap-de-la-Madeleine. L'auteure déploie la vie et le parcours de sa descendance sur dix générations de femmes, jusqu’à Maria Mélançon Brisson, décédée en 1915. L'ouvrage met en évidence la misère vécue par ces femmes anonymes et courageuses: pauvreté, grossesses répétées, deuils nombreux, travail incessant. On sait peu de choses de la vie de chacune puisqu'elles n'ont pas laissé de récits personnels. C'est grâce à des actes notariés (notamment des inventaires précis de leurs biens, des actes de baptême, de mariage et de funérailles...) et une mise en contexte de la vie sociale là et quand elles habitent un lIeu précis que se dessinent leurs parcours. Les mouvements politiques et sociaux affectent peu (voire pas) le quotid...

Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire

Asma Mhalla est une jeune politologue franco-tunisienne. J’ai lu son premier livre, «Technopolitique» (Seuil, 2024), il y a quelques jours. Son deuxième et plus récent ouvrage, «Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire» (Seuil, 2025) est beaucoup plus accessible et aussi intéressant que le premier. Sa thèse: «L’alliance entre une frange techno-réactionnaire et un milliardaire démagogue et autoritaire dessine l’ombre d’un (techno)fascisme possible au XXIe siècle» (p. 11). Le XXIe siècle ne marque pas le retour du fascisme historique, mais l’émergence d’un fascisme postmoderne, puis d’un fascisme hypermoderne. Le fascisme postmoderne mime les codes du fascisme historique, mais il n’a pas de métarécit contre lequel se dresser (communisme, socialisme…). Il fabrique plutôt des ennemis intérieurs, il se nourrit du chaos et de la perte des repères traditionnels. Le fascisme hypermoderne est la version dure du fascisme postmoderne: il s’appuie sur un pouvoir exécutif fort, sur la surveillance...

Pour un populisme de gauche

Chantal Mouffe (1943-) est une philosophe postmarxiste belge qui a longtemps travaillé avec son collègue et conjoint Ernesto Laclau (1935-2014), un politologue argentin. On leur doit notamment l’important ouvrage «Hégémonie et stratégie socialiste» (1985) qui propose une réinterprétation du socialisme avec l’intégration des nouvelles luttes sociales (féministes, antiracistes, écologistes…). «Pour un populisme de gauche» est un livre publié en 2018 et je l’ai lu cette semaine. Le temps présent est pour elle un «moment populiste» qui se traduit par la popularité et l’accès au pouvoir des partis populistes de droite dans les sociétés libérales occidentales. Le populisme n’est pas une idéologie et ne présente aucun contenu de programme particulier: c’est plutôt une façon de faire de la politique qui prend différentes formes idéologiques selon le moment et le lieu. Le néolibéralisme est le vecteur du populisme de droite et il est actuellement hégémonique. «Que certains se reconnaissent parf...

Une pension en Italie

Lu aujourd'hui, le nouveau Philippe Besson: un secret familial enfoui depuis 1964 concernant le grand-père de l'auteur et révélé à la suite d'une enquête de sa part 50 ans plus tard. Il suggère que c'est une histoire vraie. Captivant et bien écrit.

Films vus en janvier.

Films vus en janvier. Je les ai appréciés, pour la plupart. Mention spéciale au film "Nino" et à la performance exceptionnelle de Théodore Pellerin. Ils sont classées par ordre de préférence. 1. Nino (Cinéma Cartier) – France 2. La passion de Dodin Bouffant (TouTv) - France 3. La salle des profs (TouTv) – Allemagne 4. Rêves de train (Netflix) – États-Unis 5. La gauchère (Netflix) - Taïwan 6. L’étranger (Cinéma Le Clap) - France 7. Phénix (Crave) - Québec 8. Au fin fonds de la petite Sibérie (Netflix) - Finlande 9. Une situation explosive (Netflix) – États-Unis 10. Une vie honnête (Netflix) - Suède 11. Jay Kelly (Netflix) – États-Unis 12. L’art du faux (Netflix) - Italie 13. Les hasards du cœur (Netflix) – États-Unis 14. Anna Kiri – Québec (Crave)

Comment naît le fascisme

Ce n'est pas un hasard s'il y a profusion d'ouvrages sur le fascisme parmi les nouveautés dans les librairies. "Comment naît le fascisme" (Grasset, 2025) est un recueil de dix textes du théoricien et militant communiste italien Antonio Gramsci (1891-1937). Surtout connu pour ses "Cahiers de prison" et son concept d'hégémonie culturelle, Gramsci a cotoyé Mussolini alors qu'ils étaient tous deux au Parti socialiste italien. Gramsci devient ensuite membre fondateur du Parti communiste alors de Mussolini fonde de son côté le Parti fasciste. Les dix textes réunis par Grasset en 2025 ont été écrits entre 1920 et 1924, à chaud lors de la naissance du fascisme italien et sans le recul nécessaire à une analyse contemporaine du phénomène. On y apprend néanmoins des choses intérerssantes, notamment que les grands propriétaires terriens faisaient porter une muselière aux vendangeurs afin qu'ils ne mangent pas le raisin récolté. Pour comprendre le fascism...

Gilles Archambault

De manière systématique, je lis tous les livres de Gilles Archambault; comme je suis abonné à plusieurs bibliothèques, il m’est possible de les emprunter en version électronique dès leur parution. J’ai beaucoup aimé son plus récent ouvrage intitulé «Puis je serai seul», comme j’ai aimé les précédents. C’est un recueil de courts récits et nouvelles. J’ai une préférence pour les récits, mais les nouvelles traitent des mêmes thèmes en prêtant vie cette fois à des personnages. Grands vecteurs de son œuvre récente: la vieillesse vue comme une fatalité (il a 93 ans), la solitude (il sort peu et reçoit peu de visite), la mort toute proche, l’écriture et la lecture. Ce n’est pas jojo, parfois redondant, mais néanmoins intéressant et prétexte à la réflexion sur le sens de la vie. Il ne croit pas à la portée de son œuvre: est-il sincère ou faussement modeste? Je le crois néanmoins sincère sur ce point. Comme lui je suis un amoureux du quartier Montparnasse de Paris et de son cimetière, et comme ...

Le printemps en novembre

Après la lecture de ce livre, j’en ai lu la critique d’un lecteur qui m’aurait découragé d’en entreprendre la lecture: cet ouvrage propose un «wet dream péquiste». Ce n’est pas faux, mais le livre possède néanmoins certaines qualités et il m’a plu. Carl Leblanc a écrit plusieurs autres livres et il sait comment déployer une histoire. Le personnage principal est un politologue professeur d’université, un transclasse issu de région, et il enseigne notamment l’utopie politique (tout comme moi). Il a vécu un intense moment d’émotion lors de l’élection du premier gouvernement péquiste en 1976 (comme moi), pour plus tard déchanter sur la possibilité objective de faire du Québec un pays. Comme moi, il est ému à l’écoute de Spiegel im Spiegel (Miroir dans le miroir) d’Arvo Pärt (voir le lien dans les commentaires). Les chapitres du livre alternent entre la soirée du 15 novembre 1976 et une soirée de novembre 2006 où il assiste à la première d’un film documentaire marquant le 30e anniversaire d...

Christian Bobin

L'auteur Yvon Rivard et l'autrice Dominique Fortier, entendus à l'émission de radio "Il restera toujours la culture" du 13 janvier, m'ont convaincu de m'attaquer à l'oeuvre de Christian Bobin. J'ai lu quelques-uns de ses livres il y a très longtemps et j'en ai gardé un bon souvenir. J'avais aussi rencontré dans un colloque à Clermont-Ferrand une spécialiste de son oeuvre qui en faisait l'éloge. J'ai lu la semaine dernière "Le Très-Bas" (sur François d'Assise), le journal intime "Autoportrait au radiateur" et "La Dame blanche" (sur Émily Dickenson). C'est littéralement de la poésie en prose qui séduit et qui captive. C'est une lecture qui fait grandir. Plusieurs autres de ses livres sont à mon programme de lecture de l'année.

Chef de la CAQ

Je crois que les personnes aspirant à la chefferie de la CAQ ne se font pas d'illusion quant à la possibilité objective de gagner leurs élections le 5 octobre 2026 (même dans leur circonscription). Elles aspirent plutôt à devenir premier ministre, même pour un court laps de temps, ce qui augmente de manière importante leur "valeur" sur le marché des consultants. J'espère que les journalistes feront le travail en avril 2027 de vérifier pour qui travaillent désormais toutes ces personnes: cela expliquera en bonne partie les choix qu'elles font maintenant, au nom du "bien commun" (sic). Déja, Jean-François Nadeau dans Le Devoir nous apprenait que "Florence Plourde, conseillère aux communications du premier ministre, vient d’être engagée par l’Institut économique de Montréal, le porte-voix québécois des ayatollahs du marché."

Pour faire court

Lus la semaine dernière. Entre la lecture d'un livre savant et celle d'un gros roman, j'aime les courts livres et essais. Philippe Delerm est un incourtournable: des recueils de courts textes comme des exercices de style autour d'une thématique souvent banale, mais qui prend du relief grâce à la qualité de l'écriture. Sylvia Plath (1932-1963) est une des autrices préférées de ma cadette. "Mary Ventura et le neuvième royaume" donne le ton de son oeuvre. "En particulier quand nous sommes plusieurs" de la Québécoise Maggie Blot explore l'amitié et les relations humaines avec le portrait de quatorze de ses amitiés. "Les inconvénients du progrès" logait dans ma bibliothèque depuis trop longtemps. Il s'agit d'un recueil de courts billets satiriques parus dans la revue québécoise "L'Inconvénient". L'ouvrage a un peu vieilli (2012), mais dans l'ensemble, il demeure intéressant. "Le magasin des suicides...

Hubert Reeves

Lu cette semaine "Hubert Reeves. Tout n'est pas foutu", un livre hommage. J'avais lu en septembre dernier ses méditations cosmiques qui m'avaient beaucoup plues. L'ouvrage de Laurence Honnorat n'est pas en soi une biographie, c'est plutôt une mise en contexte de son oeuvre scientifique, philosophique, humaniste et militante, ponctuée de commentaires de personnes qui l'ont connu, de poèmes, de citations. Reeves était une personne hautement consensuelle qui évitait le débat, aussi il n'est pas surprenant qu'il soit si unanimement apprécié malgré ses positions radicales sur l'écologie et sur le "putain de facteur humain". Cet ouvrage est la porte d'entrée idéale pour s'initier à l'oeuvre d'Hubert Reeves.

Sociobiographie

Lu "Sociobiographie", une série d'entretiens avec Didier Eribon. J'avais lu de lui, entre autres, "Retour à Reims" et l'excellent "Vie, vieillesse et mort d'une femme du peuple". La sociobiographie est l'écriture de soi, non pas de manière essentiellement autobiographique, mais comme réflexion conceptuelle et théorique sur les cadres sociaux qui constituent le "je". Je croyais qu'il s'agissait d'un livre de méthodologie, mais c'est plutôt un ouvrage qui contextualise le travail d'Eribon autour des études gaies et des études sur les transfuges de classes. Le type a bien connu Foucault et Bourdieu. Eribon manque de modestie et il se montre intransigeant, même avec ses collègues des journaux Libération, Le Nouvel Observateur et Le Monde avec qui il a eu ses premières expériences d'écriture comme critique littéraire, malgré le fait qu'il n'était pas vraiment qualifié. "Je vivais avec un sentime...

Technofascisme et Orwell

Lus la semaine dernière ces deux excellents livres politiques. Asma Mhalla est une jeune politologue brillante, spécialiste en géopolitique de la technologie et de l'intelligenmce artificielle. Sa thèse dans cet ouvrage: les technologies de l'hypervitesse, civiles et militaires, font de nous des soldats. Les géants de la Big Tech redéfinissent les jeux de pouvoir entre les nations et tracent les nouvelles frontières de la souveraineté. Ils sont l'avant-garde de la nouvelle Internationale réactionnaire. J'ai découvert cette chercheure lors du colloque de Pau sur le technofascisme. Prochaine lecture: son ouvrage "Cyberpunk: le nouveau système totalitaire" paru il y a quelques semaines. Aussi, la réédition en 2025 d'un ouvrage de 1984 de l'essayiste et romancier Simon Leys sur la pensée politique de George Orwell, l'auteur notamment de 1984. Orwell était socialiste, mais il a vertement critiqué le socialisme institutionnalisé. Jean-Claude Michéa le dé...

La bonne pauvre

Lu aujourd'hui. Je m'intéresse à la sociobiographie (genre littéraire décrivant la société à travers l'histoire d'une famille) et le premier ouvrage de la comédienne Annie Darisse-Desbiens en est un bel exemple. C'est aussi un livre sur les transclasses (personnes qui changent de classe sociale, passant d'un milieu socio-économique à un autre). C'est un livre très intéressant. Voici comment l'éditeur le présente: "Le 16 mars 2014, un accident survient au Bic, sur la route 132, près de Rimouski. Un camion semi-remorque entre en collision avec un véhicule dans lequel une mère et sa fille, respectivement âgées de 38 et 18 ans, perdent la vie. Les deux femmes se nommaient Corinne et Caroline. Elles étaient la sœur et la nièce d’Annie Darisse-Desbiens. Secouée par le drame et par ses résonances sociales, l’autrice entreprend de sonder quatre générations de femmes dont les vies, brisées, ont été marquées par l’infortune, les secrets et la honte. La bonne ...