Essai choral sur le péril fasciste (Écosociété, 2026)
L’ouvrage prend la forme d’un essai choral sur le péril fasciste. Il ne s’agit pas d’une juxtaposition de points de vue, mais d’une somme bien intégrée autour de 13 thèmes. La parole est donnée à 18 intellectuels et militants québécois de gauche. Les entretiens ont été réalisés entre mai et août 2025 par Pierre Mouterde et David Murray.
Dans le langage universitaire, nous dirions qu’il s’agit là du résultat d’une analyse thématique de contenu du verbatim des entrevues, mais dont les extraits ont été revus et enrichis par les auteurs et les autrices. Il est rare que cette forme soit privilégiée dans les essais politiques, mais cela est parfaitement réussi.
On observe au Québec une montée du populisme identitaire et un renforcement de l’autoritarisme gouvernemental, inspirés par l’arrivée aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde, de mouvements et de gouvernements d’extrême droite fascisante symboliquement regroupés dans une Internationale réactionnaire (ou Internationale brune).
La fenêtre d'Overton est une métaphore qui désigne les idées, les opinions et les pratiques considérées comme acceptables par l'opinion publique d'une société donnée: cette fenêtre s’est déplacée à droite. Globalement, la droite réussit à séduire et à rallier l’opinion publique et la gauche doit tirer les leçons de son échec sur ce plan.
La gauche n’intellectualise-t-elle pas un peu trop ses argumentaires? La loi de Brandolini (ou principe d'asymétrie des baratins) est l’aphorisme selon lequel «la quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des sottises est supérieure à celle nécessaire pour les produire. Ainsi, s'il est facile de créer une fausse information — sur le fond et la forme — en quelques minutes, il faudra probablement plusieurs heures pour démonter chaque point et montrer la fausseté de l'ensemble.» (Wikipédia) Démonter l'argumentaire de droite: c'est ce à quoi s'active surtout la gauche.
Il importe de résister, certes, mais la gauche doit aussi proposer de nouveaux narratifs et adopter des stratégies porteuses. Il ne faut pas se contenter d’une militance en ligne, mais prévoir des rencontres, des rassemblements et des événements qui permettront de créer du lien.
L’ensemble des propos sont intéressants et ils convergent, mais certains m’ont semblé plus pertinents que d’autres, notamment ceux de Jonathan Durand-Folco, de Maïka Sondarjee, de Dalie Giroux et de Martine Delvaux.
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